jeudi 18 octobre 2007

Two characters in search of a country song

Depuis que nous avons franchi le Mississippi, en quittant Memphis pour rejoindre l'Arkansas, le paysage s'est durci, puis aplati en grands champs fauves, avant de moutonner tandis que la nuit gagne. Des bribes de forêt plus ou moins longues, un drapeau immense de trente mètres sur trente au bord de la route, une croix illuminée de lampions, au loin, à flanc de côteaux. La route grimpe doucement. Arrivée dans le noir. Un ours roux nous donne les clés de notre chambre de motel. Nous avons donc découvert hier matin où nous nous trouvions. Ce Paris-là ne se veut pas pittoresque, c'est un Twin Peaks industrieux avec un lointain goût de montagne et de terre mouillée, fait d'une seule rue qui s'étire lentement. Le poste de police/quartier général des pompiers, un funerarium, des stations services, l'inévitable Wal-Mart, de modestes maisons, peu d'églises, un paquet de garages et de magasins de/pour bagnoles (le plus gros employeur du coin fabrique des pièces automobiles). Un hameau prolétaire et pas bien riche où l'on n'aime pas trop parler de la politique ni de l'Irak tout proche (la National Guard du coin y retourne début 2008), mais où l'on se souvient avec mélancolie de l'ère économiquement heureuse des deux mandats du bien aimé Bill Clinton –qui fût gouverneur de l'Arkansas.
Nous finissons notre soirée dans une pizzeria vide, entre une Harley-Davidson exhibée dans un coin et les tables de billards (où je mets au passage une sacrée raclée à Antoine). A la télé, le DVD des Dukes of Hazzard. Sur le four à pizza, juste au dessus d'un autocollant de la National Rifle association, ce message qui résume peut-être toute une vie : "American by birth, biker by choice."

PS : toute cette aventure me rappelle le titre d'une chanson des Magnetic Fields qui donne son titre à ce post.

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