lundi 22 octobre 2007

Paris Texas hangover

Un cowboy nain androgyne tiré à quatre épingles et un autre, borgne à imperméable façon Columbo, deux prêtres baptistes noirs en désaccord radical sur l'Irak, un groupe de bluegrass républicain, un serveur de bar dépressif… Peut-être est-ce parce qu'il s'agit de la fin de notre voyage et de la plus grande ville que nous ayons traversées, mais Paris, Texas, reste sans aucun doute celle qui ressemble le plus à une caricature étouffante de l'Amérique profonde.Avec sa tour Eiffel et sa statue de Jésus façon cowboy, la seconde plus grande ville de Paris au monde offre un vrai décor de polar miteux. Dans cette longue suburbia privée de centre entre églises et centres commerciaux, le couvre-feu tombe dès 5pm. D'où un certain malaise. Campagne tristounette, rues vides, chemin de fer à l'abandon et mines renfrognées, nous errons en spirale en faisant des rencontres moins faciles qu'auparavant, face à des interlocuteurs souvent plus méfiants. Au delà du loop autoroutier qui enserre la ville se dessinent des échappées pastorales très classiques avec ranches au bord de la route… Mais les grands espaces manquent. On fait un bowling le samedi soir au Paris Lanes puis on va manger à côté au Roadhouse Family Diner –nommé ainsi en hommage au film Roadhouse dont l'affiche mettant en scène Patrick Swayze dans le rôle de James Dalton ("Dalton's the best bouncer in town. His nights are filled with fast action, hot music and beautiful women. It's a dirty job, but somebody's got to do it") orne les murs de tôle ondulé, aux côtés d'une tête de buffle empaillée et d'un tableau d'Indiens sur le sentier de la guerre. (Ça pourrait être pire : au Dillon's, le bar au coin de l'Holiday Inn, ce sont des affiches de playmates Budweiser qui décorent le bar.) On mange grassement sur les tables en formica en regardant d'incongrus clients défiler, puis on va se coucher avec un léger vague à l'âme. Une pluie morose nous poursuit. Mardi soir nous partons pour Dallas.

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